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Le Nouvelliste 22 juillet 2002

L'HORLOGE QUI DEFIE LE TEMPS

Dernière création de Marcel Bétrisey, le chronolithe, fonctionnant sur un principe "tout bête", a remporté le premier prix d'un concours voué aux oeuvres cinétiques.

Ne l'appellez pas artiste, mais plutôt chercheur. Marcel Bétrisey a 41 ans. Avec des objets de récupération, il crée des horloges très particulières qui laissent perplexes les horlogers. "Ca ne devrait pas fonctioner" lui a dit un jour un visiteur. Et pourtant elles tournent. Ou plutôt elles tombent, car jusqu'à maintenant, ses horloges utilisaient des billes pour indiquer les secondes, les heures et les jours.

Dernier-né du cerveau fertile de l'inventeur, le chronolithe est une horloge thermonucléaire révolutionnaire. "C'est dangereux de dire thermonucléaire, car les gens vont croire que l'horloge est une bombe atomique, sourit l'inventeur. En fait, le chronolithe marche à la lumière, selon un système qui constitue une première mondiale." Un concept qui a tout de suite intrigué le Musée de l'horlogerie de La Chaux-De-Fonds. Résultat, le chronolithe sera exposé au musée d'ici à un mois. Un parcours étonnant pour quelqu'un qui ne récoltait que des "deux" en physique à l'école secondaire.

Dans l'atelier

Electricien en bâtiment, Marcel Bétrisey à "fait l'apprentissage, mais jamais le métier". Pendant huit ans, il a tenu un atelier de réparations au sommet du Grand-Pont à Sion. Réparateur, une activité qu'il ne pratique plus ou occasionellement. Dans son atelier se mélangent les outils de mesure et des prototypes -difficile de dire lesquels donneront lieu un jour à une horloge originale. Au milieu des lecteurs CD transformés, de lampes bizarre et d'horloges exubérantes trône le chronolithe, sobre et élégant, rompant avec le côté délirant et drôlatique de Malévoz ou de Moréno, engins faits de pièces de récupération. N'y comprenant rien, on demande des explications. Comment vient cette passion pour construire des gorloges? Tout simple, explique Marcel: "Un jour on a une idée d'horloge, on la construit, et quand elle est finie on en fait une autre. C'est un piège." Pour le Chronolithe, Marcel ne sait pas comment l'idée lui est venue. "je suis allé chez mon neveu chercher un livre sur les radiomètres que je lisait dans mon enfance. Je me suis dit que l'on pouvait faire fonctionner un mouvement avec ce mécanisme." Il faudra neuf mois et six prototypes. "je ne fais jamais de plan. Pour le Chronolithe, la seule chose que je devais respecter était la longueur du balancier, autrement j'étais totalement libre."

Jalousie de machines

A côté, Moréno, fait de bric et de broc récupéré chez un brocanteur, s'énerve. Se rend-elle compte qu'elle n'est plus le centre d'attraction? "C'est la demi-heure", annonce doctement Marcel. Le verre du Chronolithe provient d'Allemagne et la pierre de la Borgne. "Je suis allé la chercher avec le dessinateur Ambroise Héritier. Il m'en veut encore, c'est lui qui a dû la porter! Le jour oû le premier prototype fut prêt à fonctionner, j'ai mis en route le moteur (c'est à dire allummé les lampes) et je suis allé boire une bière. Une heurs après, le balancier bougeait encore, je suis retourné boire une bière. Six heures après, elle marchait encore; moi beaucoup moins droit."

Jamais à court d'idées

Ce professeur Tournesol est déjà en train de penser à la suivante. "Le chronolithe à une précision de 4 à 5 secondes par mois, la prochaine horloge fera mieux! Elle marchera sur le principe du vent solaire peut-être. Une horloge de l'espace sur terre..." Dernière touche personnelle sur le Chronolithe: remplacer l'aiguille des secondes par un petit diamant: "C'est plus esthétique et j'ai horreur des secondes, leur côté saccadé est grossier", confesse-t-il. Triste, le papa, que son "bébé" parte au musée de La Chaux-De-Fonds? "Non, là-bas beaucoup plus de personnes pourront le voir." Une consécration pour un type qui ne porte pas de montre, non?

Au hasard d'un concours

Dans le milieu des passionnés de cinétique, Marcel, c'est "Mister Bétrisey". Car ces dingues de machines folles se situent surtout outre-Atlantiques. "La Kinétic-art organisation, à Palm Beach, m'a envoyé un mail disant qu'elle m'avait détecté en tant qu'artiste cinétique", rigole encore l'artisan. L'art, je ne sais pas ce que cest. Kinetic art a organisé un concours. une cinquantaine de personnes y participaient. J'y ai présenté trois horloges. Et c'est le chronolithe qui a remporté le premier prix, catégorie Engineering Ingenuity. Les Américains adorent ce genre d'objets, note Marcel Bétrisey, qui reçoit des mails de Californie et de New York. Par courrier, un physicien a calculé la puissance de mon moteur. En fait, il m'a expliqué comment marchait l'horloge que j'avais construite. Je savais bien qu'elle fonctionnait, mais j'ignorais comment.